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Cartes grises : les salariés d’une papeterie menacent leur production

papier en feu

Décidément, ce n’est pas le moment de la carte grise. Alors que les soucis engendrés par la dématérialisation des demandes de titres continuent d’impacter la production des certificats d’immatriculation, un autre souci encore plus grave pourrait venir se greffer à une situation déjà peu glorieuse, à savoir la destruction des bobines de papier sécurisé utilisé pour fabriquer ces titres.

Sequana, fabricant du papier des cartes grises, est en liquidation judiciaire

La société Sequana de Seine-et-Marne, vieille de 400 ans, était un fleuron de l’industrie papetière française. Mais cette institution va fermer ses portes d’ici quelques jours. Après avoir été cédée en avril 2018 à un fonds d’investissement suisse, la papeterie a été placée en redressement judiciaire à la mi-janvier. Il s’agirait d’une énième histoire de faillite, de drame social avec des centaines d’employés se retrouve au chômage, mais Sequana n’est pas n’importe quelle papeterie : elle est la seule à fournir le ministère de l’Intérieur en papier sécurisé pour la production de divers titres tels que les cartes grises.

Les salariés le savent, et ils utilisent ce facteur pour tenter de négocier des indemnités décentes. Ils utilisent donc leur butin de bobines à papier pour certificats d’immatriculation comme levier de négociation. Tous les 2 jours, ce sont 2 bobines de 200 kg de papier sécurisé qui partent en fumée. La société Sequana détient en ce moment une centaine de bobines en stock, en attente de livraison. Si toutes ces bobines devaient disparaître, l’État se retrouverait sans papier pour émettre les cartes grises, et sans autre fournisseur susceptible de prendre le relais dans des délais courts.

Pénurie de cartes grises d’ici 1 à 2 mois ?

Selon Patrice Schaafs, délégué CGT, il pourrait y avoir une pénurie de papier à carte grise d’ici « 1 à 2 mois ». Interrogés sur la destruction des bobines, les salariés ont assuré que si elles ont bien été commandées, elles n’ont pas été payées par l’État. Il va falloir trouver une solution rapide afin d’éviter un nouveau désastre sur le front de l’immatriculation. Car s’il existe encore des dossiers en souffrance, sans papier ce serait tout le système qui serait paralysé.

Et même si une issue favorable est trouvée, le ministère de l’Intérieur va devoir s’activer pour trouver un nouveau fournisseur. Car si la papeterie de Seine-et-Marne était la seule à fournir l’État, c’est parce qu’elle disposait d’un savoir-faire spécifique. Trouver un substitut ne se fera pas en 2 jours, d’où l’importance de sauvegarder les bobines existantes, donc les cartes grises de demain.

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